Allez, j'arrête de faire ma faignasse de blog et je post aujourd'hui et en plus, il y en a des choses à dire !

Bonne lecture !

Journée ordinaire, enfin presque…

« Oh ! Les jolis jumeaux ! » « Comment ils s’appellent ? »

« Soig et Gael »

« Comment ?! »

« Sooo-iiiik et Gaaa-èèèl »

« Hein !? Klohik et Gaèle ? » (gros blanc) « Et le grand ? »

« Neven »

« Even ? Mévène ? Néveune ? »

Klohik, Clovis, Néveune (à l’amériaine), Evène… Vous êtes bouchés ou bien ?

C’est fou ! Des prénoms bretons en Bretagne ?

Et je ne vous parle pas de mon prénom ou de celui de mes frères et sœurs… Irmine, Sunniva, Sigrid, Leif.

Là aussi, la simple phrase « Comment vous appelez-vous ? » a souvent catégorisé les personnes qui nous adressaient la parole :

-      Ceux qui n’ont rien compris et qui s’en foutent,

-      Ceux qui n’ont rien compris mais qui cherchent à nous appeler par des noms invraisemblables,

-      Ceux qui n’ont rien compris mais qui cherchent à comprendre : « C’est original, de quel origine est votre prénom ? »

-      Et ceux (très faible pourcentage, voire quasiment nul) qui comprennent du premier coup !

On en a passé du temps à justifier du choix de nos parents, à reprendre les déformations… C’est Irmine et pas Hermine, Imrine ou Hybride (véridique !). C’est Sunniva et pas Sunivéa, Samira. C’est Sigrid et pas Zigrid (écriture phonétique de la version allemande), Silnegride ou Siguefride !

Et Leif… N’en parlons pas ! « C’est un nom bière, ça ! » Ma mère a même mis un ï sur le i pour faciliter la lecture. Leif, se prononce « leille-fe » Vous me suivez ?

Je sais, ce n’est pas évident mais nous avons toujours été fiers de nos prénoms scandinaves, chargés d’histoire et de sens !

Irmine : Dédiée au dieu Irmin. Dieu de la guerre dans la mythologie nordique

Sunniva : Signifie « don du soleil »

Sigrid : de Sig : victoire et rîda : chevalier libérateur. « Celle qui chevauche la victoire ». C’est aussi le prénom d’une des Walkyries (guerrières vierges qui sont au service d’Odin, maître des dieux nordiques)

Leif : « descendant, fils ». Pour la petite histoire, Leif Erikson (mort en 1025), fils d’Erik le Rouge, partit du Groënland et décrouvrit l’Amérique. D’ailleurs, les américains fêtent cette découverte de l’Amérique par les Vikings chaque année avec le « Leif Erikson Day » le 9 octobre.

Au moins, on se souvient plus de nous que de personnes avec un prénom commun.

Selon les « experts » un prénom « sain » doit avoir les critères suivants : sonorité agréable, prononciation aisée, court et doit être porté par une personne que nous aimons.

Tous les parents pensent à tout ceci en cherchant un prénom, c’est sûr !

Des chercheurs ont observé qu’il existait une corrélation positive entre l’appréciation de son propre prénom et l’estime de soi. Et plus récemment, ce résultat a été complété par la satisfaction dans la vie, une humeur plus positive et une plus grande proportion de temps à être heureux.

Les chercheurs ont même observé qu’un enfant dépréciant son prénom souffrait plus de solitude !

Voilà enfin la cause de l’état émotionnel de nos ados !

Voyons maintenant l’aspect social : Je site « Le prénom, que l’enfant distingue parmi d’autres mots dès quatre mois, est le premier élément que l’individu donne sur lui-même à autrui. Ce mélange de consonnes et de voyelles qui le distinguera toute sa vie peut affecter l’estime de soi également par la multiplication ou non de micro-renforcements positifs venus de l’extérieur ».

Et bien, quel fardeau ce prénom et quelle pression pour les parents !

Evidemment, un prénom qui plaira à la majorité sera donc accompagné d’une « remarque valorisante ou d’un geste de tendresse ou même une main passée dans les cheveux ». Personnellement, je n’ai jamais eu ce genre de geste ! Ah oui, c’est vrai, c’est parce que j’ai un prénom à la c.. !

J’ai même lu ceci : « Un prénom rare, difficile à prononcer, provoquera des questions, des moqueries, ou encore des froncements de sourcils. Cette situation sera vécue des milliers de fois par l’enfant »

Je devrais porter plainte contre mes parents pour payer les dommages et intérêts futurs que je devrais payer à mes propres enfants, traumatisés par leurs prénoms !

Tout est pourtant si relatif. Toutes les Irmine des pays nordiques ne seront jamais diagnostiquées névrosées alors que moi, pauvre Irmine de France, je devrais faire la fortune de tous les psy de l’hexagone… Mouais… Un peu gros.

En tout cas, retenons que les réactions d’autrui reposent sur la « désirabilité sociale » du prénom, donc de notre réussite. Dans ce sens et à l’inverse, si un prénom est rare ou « peu désirable », il peut être synonyme d’handicap social.

Mais parmi toutes ces absurdités, je décerne la palme d’or de la connerie à ce passage :

« Ainsi, il semblerait que l’appréciation d’un prénom influence le degré d’estime de soi, que la singularité d’un prénom puisse avoir des répercussions néfastes sur la santé mentale de celui qui le porte, que nos comportements de consommation, notre réussite professionnelle soient influencés par notre prénom, ou encore que les lettres qui composent nos noms et prénoms aient un impact inconscient sur certains de nos choix et de nos préférences…

On constate donc que l'état psychologique des personnes ayant un prénom peu commun est moins bon que celui des personnes ayant un prénom conventionnel. Il semble donc que les personnes ayant un prénom inhabituel aient une tendance névrotique accrue. »

Je remercie mes parents de m’avoir prénommée ainsi. Je suis fière de mon prénom. Je n’ai pas finie névrosée !

Et mes petits portent des prénoms courts que portent des personnes que nous aimons bien ou avons bien aimé à un moment donné !

OUF ! 3 psychoneuneus en moins en France !

Alors, merci qui ?!